Les Wonder Women !!!

Vous avez certainement dû entendre parler de Eri Yoshida : après avoir joué la saison dernière dans la ligue indépendante de Kansai au Japon, cette jeune japonaise adepte d’une knucklelball terrifiante tente sa chance chez les pros US , et débute dans la ligue d’hiver de l’Arizona. Serait-elle la première joueuse à pouvoir signer un contrat pro ? Et non, il y en a eu avant ! Des femmes dans le vestiaire, mais c’est scandale à l’amirauté !

Honus revient sur ses prédécesseurs au sein des ligues professionnelles noires, des Negro League, par le biais de Yann, toujours aussi costaud en histoire : zoom sur les Black Wonder Women  !

Lorsque que l’on parle des Negro Leagues, ligues professionnelles américaines réservées aux Afro-Américains lors de la période de ségrégation les noms de Andrew « Rube » Foster, Satchel Paige, Josh Gibson, Cool papa Bell, Buck O’ Leonard… reviennent le plus souvent. Mais si ces grands noms ont  marqué l’histoire de la ligue, la présence de 3 joueuses dans ce milieu macho professionnel est plus surprenante et méconnue.

Ces trois femmes ayant eu une carrière en Negro Leagues sont Toni Stone, Mamie « Peanut » Johnson et Connie Morgan. Elles signèrent toutes les 3 dans le même club qui devint le 1er club professionnel à engager un joueur de sexe féminin, les fameux Clowns d’Indianapolis.

Pour mémoire, les Clowns d’Indianolis fut l’équivalent pour le baseball des Harlem GlobeTrotters en basket : un show énorme axé sur le divertissement mais joué par des joueurs de trés haut niveau. Les Clowns ont eu parmi eux le jeune Hank Aaron avant qu’il parte jouer en MLB. Egalement une équipe itinérante, les Clowns voyageaient de bled en bled et amusaient la foule par leurs talents. Syd Pollock est un show man qui ne va pas hésiter à lancer les carrières de trois femmes dans le baseball pro des années 50. "The show, only the show !"

La première fut TONI STONE athlète accompli de Minneapolis, qui fut embauchée pour jouer en deuxième base en 1953 et prit la place d’ Hank Aaron lorsqu’il quitta les Clowns d’Indianapolis pour les majors.

Toni Stone (Janvier 21, 1921 – Novembre 2, 1996) est née en Virginie-Occidentale et a passé son enfance à St Paul, Minnesota. Son nom de femme mariée était Marceni Lyle Stone Alberga. Son mari Alberga, de 40 ans son aîné,  n’était pas favorable à ce que sa femme soit une  joueuse de baseball professionnel. «Il m’aurait arrêté s’il le pouvait," Stone dira plus tard. "Mais il ne pouvait pas."
Toni Stone était très fière du fait que les joueurs de sexe masculin la cherchaient souvent sur le terrain. Elle aimait montrer ses nombreuses cicatrices sur son poignet gauche et rappelait le temps où un coureur essayait avec ses spikes de la dégager de la 2ème base. "Il fut appelé out " se souvient-elle.

Lorsque Syd Pollock, le propriétaire des Clowns lui demanda de jouer avec une jupe, elle refusa ! Elle  précisera également qu’elle ne consentirait pas à jouer en short et qu’elle serait dans le même uniforme que ses coéquipiers masculins.

Le point culminant de la carrière de Stone est intervenu au cours de sa première saison avec les Clowns lorsqu’elle a obtint un simple sur  le légendaire lanceur  Satchel Paige au cours d’un match d’exhibition à Omaha. Stone était presque aussi surprise que Paige.  Ce simple permit de faire entrer 2 points fut «le plus beau moment de ma vie, dit-elle.
Enchantée de son intronisation en 1985 au "Women’s Sports Foundation International Sports Hall fo Fame", Toni Stone décéda malheureusement d’une insuffisance cardiaque à l’âge de 75 ans, à Alameda en Californie. Un terrain de baseball dans sa ville natale de Saint-Paul lui a été dédié à sa mémoire en 1997

MAMIE « Peanut » JOHNSON est née Mamie Belton le 27 Septembre 1935 à Ridgeway, SC. Elle a été la deuxième femme, et la première femme à lancer avec les hommes dans les Negro Leagues. Connue pour ses balles rapides, elle joua pour les Clowns d’ Indianapolis du 1953 à 1955 avec une fiche de 33 victoires et 8 défaites !

Le grand Leroy Satchel Paige l’aida à parfaire sa balle courbe – "Don’t squeeze the ball so tight, lui disait Paige . "and let it break to the outside".
Selon Johnson, son moment le plus inoubliable est intervenu dans un match entre les Clowns et les Kansas City Monarchs. Affrontant le joueur de 3ème but, Hank Bayliss avec un coureur en première, Johnson lanca une 1ère balle appelée "strike". La seconde balle était trop haute et à l’extérieur. La troisième balle de Johnson fut un nouveau strike. Selon Johnson, Bayliss, l’appela sur le monticule avec une voix si forte que la foule pouvait l’entendre. "YOU’RE NOTHING BUT A PEANUT", il aurait soi-disant crié. Johnson lança un 3ème strike lui permettant de gagner un strike-out et un surnom en même temps !

Quand sa carrière de baseball prit fin, elle devint infirmière pendant 30 ans, et a été aussi entraîneur de baseball chez les jeunes. Quand elle a quitté les soins infirmiers, elle prit la gérance d’un magasin de souvenirs de Negro Leagues.

CONNIE MORGAN, de Philadelphie, est devenue la troisième femme à signer un contrat en Negro Leagues. Elle joua seconde base lorsque Toni Stone fut échangée en 1954 aux Kansas City Monarchs. En plus du Baseball, Connie a joué au basket pour une équipe bien connue dans toute la ville, les Rockettes.
Morgan obtint  elle-même sa signature avec les Clowns d’Indianapolis. Quand elle lut un article de journal sur les femmes jouant pour les Clowns, elle écrit  à Syd Pollock directement pour lui demander un essai. Lorsque les Clowns étaient à  Baltimore en 1954 pour jouer un match d’exhibition avec les Orioles, Pollack l’invita à descendre et  montrer ce qu’elle pouvait faire.
Pollack fut impressionné par les capacités de Morgan et la signa à dix-neuf ans pour deux ans de contrat.Ce petit bout de bonne femme frappa aux alentour de .300 de moyenne , se partagea la 2ème base avec Ray Neil et frappait 3 dans le line-up.

Une des seules photos d’elle, elle est à droite à côté de son coach Oscar Charleston.

Le manager des Clown, Oscar Charleston, disait que Connie était «l’une des plus sensationnelles" joueuses qu’il ait jamais vu.
Le point culminant de la carrière de Connie Morgan intervint le 12 Juillet 1954, quand elle retourna dans sa ville natale de Philadelphie pour un match contre les Monarchs de Kansas City au Connie Mack stadium de Philadelphia.

Elle fut intronisée au Pennsylvania Sports Hall of Fame en 1995.

Syd Pollock, qui fut l’un des premiers à vouloir combiner show business et baseball, ne se doutait pas pas que les 3 femmes qu’il avait engagé,  allaient par leur courage, leur ténacité et leur talent marquer l’histoire des Negro Leagues et  montrer aux hommes que l’on pouvait réussir dans un milieu aussi masculin que le sport et baseball de l’époque.

 

Allez pour finir, quelques images video dans un petit doc sur le sujet (merci Yann) !

 

3 commentaires à “Les Wonder Women !!!”

  1. [...] la Northern league à la fin des années 90, mais aussi sur celles des légendes Mamie "Peanut" Johnson des Negro Leagues (Indianapolis Clowns 1953-1955) et Jackie Mitchell, cette lanceuse qui a [...]

  2. Fishiguchi dit :

    Honus et le baseball féminin, une histoire d’amour initiée par l’ami Yann…

  3. [...] sur Honus honorer le baseball féminin en vous contant l’histoire de quelques Wonder Women qui jouèrent en Negro League (Toni Stone, Connie Morgan et Mamie [...]

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