Killebrew : R.I.P.

Honus devient l’Undertaker du baseball mais l’actualité est hélas assez triste…

Harmon Killebrew, le légendaire super slugger, vient de nous quitter, des suites d’une longue maladie. Il était âgé de 74 ans.

Killebrew, un nom à part pour une authentique légende qui disparait. Les trentenaires ne peuvent le connaitre mais Harmon Killebrew est le slugger des années 60. Il a frappé 573 homes runs en carrière, et a frappé 8 saisons à plus de 40 home runs, ce qui le place 2eme de l’histoire dans cette catégorie, derrière Babe Ruth, des chiffres qui reflètent sa puissance.

Physiquement, il ressemblait à Ben Grimm des Quatre fantastiques : un bloc de pierre. Armé d’un swing compact, Harmon était une authentique force de la nature.

Killebrew signe à 18 ans aux Senators de Washington en 1954. Il joue dans les équipes mineures ses 5 premières saisons, puis en 1959, il entre dans la grande équipe, où il frappera 42 home runs dés sa première saison !

Le ton est donné…

Deux ans plus tard, les Senators sont vendus, et la franchise s’installe à Minnesota : en 1961 les Senators disparaissent pour devenir les Minnesota Twins. Killebrew va rester fidèle à la franchise et devenir le symbole de la nouvelle équipe. Il sera le véritable superman du club. Il emmène les Twins aux World Series en 1965, et à deux titres consécutifs en American League, en 1969 et 1970. Il frappe la modique somme de 190 home runs lors de ses quatre premières saisons aux Twins. Il sera le MVP de l’American League en 1969 avec rien moins que 49 HR, 145 RBI, et 145 BB, 3 records du club qui ne sont toujours pas tombés.

Il restera fidèle 21 ans aux Twins, jouant sa dernière saison aux Royals.

Killebrew est aujourd’hui reconnu comme l’un des auteurs des home runs les plus lointains : le 3 juin 1967, il frappe une balle à rien moins que 520 feet (+ de 160 mètres) au stade de Minnesota, ce qui est la frappe la plus longue de l’histoire de la franchise. Autre performance historique,  il a même sorti la balle du stade au champ gauche du Tigers Stadium de Détroit. Ils sont seulement quatre dans l’histoire à l’avoir fait…

On le surnomma pour sa puissance hors norme et ses coups de bâtons : "the Killer" Killebrew. Mais rarement, un surnom est allé aussi mal à un joueur. Harmon Killebrew n’avait rien d’un joueur agressif, prétentieux et il n’aimait d’ailleurs pas ce surnom. Aux antipodes d’un Pete Rose, mené par l’envie de gagner à tous moyens, ou de joueurs comme Al Hrabsoky, pour qui le baseball est une guerre, Harmon était un joueur sobre, humble, de grande classe qui n’a jamais fait d’histoire. Un joueur d’un autre temps, fabriqué à l’ancienne : un véritable gentleman selon George Brett, un joueur qui tout simplement cognait fort et qui rappelle en tous points un autre super slugger, Hank Aaron. Tous deux ont été des joueurs de classe hors normes, humbles et modestes, et qui essayaient de frapper le plus fort qu’ils pouvaient la balle qu’on leur lançait.

Aimé pour sa grande gentillesse, les fans des Twins adoraient Killebrew pour sa disponibilité pour signer les autographes.

On a longtemps cru que la silhouette de Killebrew a inspité le logo officiel de la MLB en 1968, preuve s’il en est qu’il marqua le baseball des années 60.

Reggie Jackson le considère comme l’un des plus grands joueurs de baseball de l’histoire, le meilleur dans sa catégorie pour sûr.

Il est le 11e frappeur en nombre de home runs de l’histoire de la MLB (573), et fut longtemps le seul derrière le record du Babe (714).

Killebrew a vu depuis lui passer devant toute la génération des années 90, année par année, les Mc Gwire, Bonds et Sosa ont battu son record qui semblait d’un autre temps. Lorsqu’il apprit que les records des Mark McGwire, Barry Bonds, Sammy Sosa, voire de Alex Rodriguez étaient ternis par des prises de stéroïdes, Killebrew n’était pas en colère mais seulement déçu de la situation. Il demeurait confiant en ce que ces performances n’effaceraient pas celle d’un Hank Aaron, ou plus modestement la sienne.

Il estimait que des joueurs comme Al Kaline des Tigers de Detroit ou Stan Musial des Cardinals de Saint Louis n’étaient pas assez reconnus pour leurs performances par le Hall of Fame ou par les fans.

Humble et modeste jusqu’au bout, Harmon Killebrew laisse la souvenir d’un homme de bien à tous ses fans.

R.I.P, Mister Twins

 

6 commentaires à “Killebrew : R.I.P.”

  1. Fishiguchi dit :

    Un article labellisé :

  2. [...] au-delà du toit du champ gauche du stade de Detroit (les 3 autres dans l’histoire sont Harmon Killebrew, Frank Howard, Mc Gwire), et il est le seul à l’avoir sorti du stade de Milwaukee [...]

  3. francovanslyke dit :

    Tout à fait majordom, il fait partie des joueurs emblématiques d’une franchise, comme Ernie Banks Mister Cubs, ou Al Kaline pour Detroit.

  4. majordom dit :

    J’aime bien cette citation du manager des Orioles : « He can knock the ball out of any park, including Yellowstone. »

    Il était certainement l’homme le plus aimé de minneapolis, c’était leur Babe Ruth rien qu’à eux.

  5. Fishiguchi dit :

    Le baseball perd un de ses meilleurs représentants…

  6. vince dit :

    RIP Mister…

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