Doc & Darryl reportage ESPN à voir

Voici un reportage qu’il faut absolument voir : il se nomme DOC & DARRYL, des noms de deux joueurs, Dwight "Doc" Gooden et Darryl Strawberry, joueurs fantastiques des années 80 des New York Mets. C’était un document ESPN 30 30 et par la magie des rachats de catalogue entre géants des médias, le voilà désormais disponible sur la chaine Disney +. Le souci, c’est que ce n’est pas vraiment pour les enfants ! 

Dwight Gooden et Darryl Strawberry. Je ne pense pas qu’on puisse avoir des joueurs plus iconiques que ces deux ci. Ils représentent à eux deux le talent brut et tout l’amour que l’on a pu avoir pour les Mets des années 1984-1989. Ils ont fait partie de cette génération spontanée de joueurs incroyables arrivés à New York et qui ont transformé une équipe pathétique de losers en équipe la plus excitante de tout le baseball. Les Mets de cette époque étaient LE BASEBALL. Personnellement, j’étais fan absolu de ces deux joueurs. 

Il faut peut être avoir vécu ces années pour comprendre le phénomène. Si on regardait le baseball dans ces années là, c’était juste impossible de ne pas aimer les New York Mets. Gary Carter au catch, Keith Hernandez en une, Wally Backman en 2, Kevin Elster au poste de SS, Ray Knight puis Howard Johnson en 3e base, et l’outfield avec Lenny Dykstra, Mookie Wilson et Darryl Strawberry; et sur le monticule, Dwight Gooden, Ron Darling, Bob Ojeda, Sid Fernandez. Est ce possible de faire mieux ? Non. 

Et sur toute cette équipe, deux talents bruts, un lanceur arrivé à 19 ans en MLB en 1984 et qui défonce tout dés sa première année  : Dwight Gooden surnommé "Doc", parce que ses lancers découpaient de manière "chirurgicale" les batteurs  et en outfield, Darry Strawberry avec un swing aussi magnifique que puissant et qui est devenu immédiatement le modèle de tous les frappeurs….

Doc K Gooden

Le premier, il a une fiche de 17-9 (Wins / Lose) avec 276 K et 2,60 d’ERA en 1984 ; en 1985, il est au dessus de tout le monde, il signe une fiche de 24-4 (!), 268 K, et 1.53 d’ERA !!! Evidemment Cy Young dés 1985. En 1986, il est encore un Kador de la butte avec 17-6 avec 200 K et 2.84 d’ERA….

Darryl la puissance

Le second frappe pour 24 HR et 76 RBI dés sa première saison en 1983, et il est Rookie of the Year. En 1984, il frappe pour 26 HR et 97 RBI, et il continuera à faire partie des meilleurs durant tout son passage aux Mets, avec notamment 39 HR et 104 RBI en 1987 et 39 HR et 101 RBI en 1988.

Alors ici en France, on savait bien que leurs carrières avaient connu pour le moins quelques rebondissements : habitués aux excès et aux pages des scandales, ils ont tous les deux été sanctionnés par des suspensions de la part de la MLB.   Mais la raison exacte de tout ceci, on ne la connaissait pas vraiment. On soupçonnait du dopage… 

C’est finalement ce que raconte ce reportage : l’envers du décor. 

Dés le début du documentaire, Dwight Gooden et Darryl Strawberry se retrouvent dans un petit restaurant et commencent à discuter… on sent que cela fait un bail qu’ils ne se sont pas vus. On sent même un certain malaise et pas mal de non dits et peu à peu se dessine le coeur de leur problèmes communs : l’addiction à la drogue et à l’alcool. 

Gooden fait pitié à voir : on a l’impression de voir un clochard avec la peau sur les os. Strawberry semble moins atteint mais quelque peu allumé. 

Et par la magie des flashbacks et du montage, on va découvrir ce que ces deux talents de baseball ont affronté durant leur carrière et durant toute leur vie : un véritable démon. En fait, Dwight Gooden picole depuis tout petit et la découverte de la grande vie à New York dans les années 80 avec Keith Hernandez (véritable oiseau de nuit) et Strawberry ne va rien arranger du tout. Gooden et Strawberry tombent dans la cocaine et pas qu’un peu. Accroc aux amphétamines à la coke et à l’alcool, les deux se piègent tout seul. Obligés d’augmenter les doses pour tenir le rythme : la fête toutes les nuits, le baseball toute la journée. Et les deux avions que sont Gooden et Strawberry vont s’écraser tour à tour.

  

Leurs frasques vont entraîner des contrôles de sang et d’urine de la part de la MLB, et les décisions de suspension vont tomber, de plus en plus fréquentes. 

Ce qui est fou c’est qu’en même temps que les joueurs gagnent les World Series en 1986, les hommes sont devenus de véritables junkies. Le plus pathétique est certainement quand Gooden raconte que le soir de la victoire des Mets en 1986, ils sont tous heureux dans le vestiaire et ils vont fêter tout ceci ! Gooden se dit qu’il va passer chez son dealer et puis il rejoindra ses coéquipiers. Le souci, c’est qu’il ne les rejoindra jamais…. trop défoncé chez son dealer, il rentre chez lui le lendemain et allume la télé : il voit la célébration des Mets en plein New York (qui aurait rassemblé 2 millions de fans dans les rues ?! ) et lui il est là, comme une merde sur son canapé en train de se dire "mais pourquoi je ne suis pas avec eux ?"…. Et Gooden pleure. 

On voit également le parcours chaotique de Strawberry qui sera atteint d’un cancer du colon et qui ne pense qu’à continuer à boire malgré la chimio. 

Les talents bruts vont devenir peu à peu des joueurs moyens.

Les deux junkies seront sauvés un temps par un George Streinbenner le propriétaire des Yankees qui va les signer et leur donner une nouvelle chance dans les années 90….

Mais on ne sauve pas un bateau qui coule… 

Les images sont raides et quelques passages restent dans les mémoires. 

Dwight Gooden qui le jour de l’annonce de sa retraite sportive reconnait que la première chose qu’il s’est dit : "je vais enfin pouvoir picoler sans me faire contrôler… enfin !". 

Strawberry qui explique que Los Angeles l’a perdu et qu’il a été heureusement sauvé par Dieu….

Un documentaire exceptionnelle non pas sur le baseball, qui parait au fil du document de plus en plus secondaire, voire anecdotique mais sur l’addiction en général et sur la condition humaine. Une condition humaine des plus pathétiques.  

 

BHONUS 

La bande annonce de ce documentaire à ne pas rater 

 

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