Lefty O’ Doul : Baseball, Japon et restaurants !

Rappelons sur Honus l’histoire, hélas oubliée, de Lefty O’ Doul.

Francis Joseph "Lefty" O’ Doul a commencé sa carrière MLB en 1919 en tant que pitcher pour les New York Yankees. Mais, souvent blessé, après une vingtaine de manches sans résultats et sans saveur, c’est bye bye "the show" pour le gaucher.

En 1923, il revient pourtant en MLB cette fois-ci pour les Red Sox. Mais, là encore, c’est pas terrible. En 53 manches, il prend 69 hits, est l’auteur de 31 BB et devient détenteur d’un triste Era de 5.43. A 26 ans, de l’avis de tous, O’Doul est fini et doit repartir chez lui à San Francisco.

Le démon du baseball coule encore dans les veines du californien. Le gaucher revient alors jouer dans la Pacific Coast League (ligue indépendante d’un bon niveau d’où il était d’ailleurs issu) au sein de la franchise des San Francisco Seals. Mais avec son bras de pitcher dans la tombe, Lefty doit repartir de zéro et devenir un autre type de joueur : un frappeur !!!

Et en 1928, Lefty perce à nouveau. C’est ainsi en tant qu’outfielder âgé de 31 ans que Lefty va revenir dans le show, tradé cette fois ci par John Mc Graw des New York Giants. Auteur d’une bonne saison, O’Doul est cependant tradé aux Phillies de Philadelphia en 1929 et sera l’auteur de 254 hits, 32 HR, mais surtout gagnera le titre de meilleur frappeur avec une moyenne au bâton de .398 ! Durant cette seconde carrière, Lefty frappera pour une moyenne à plus de .300 dans 6 de ses saisons et gagnera 2 titres de meilleur frappeur. En 1931, O’Doul frappe pour .336, et surtout en 1932, l’outfielder de 35 ans frappe pour .368 et gagne son second titre de batteur.

Lefty O’ Doul

Mais la vie de Lefty O’ Doul va basculer en 1931.

Après les World Series de 1931 est organisée une tournée MLB au Japon, managée par Herb Hunter.

L’équipe rassemble autour de quelques joueurs stars comme Mickey Cochrane, le receveur star des Philadelphia A’s, Lou Gehrig, le 1e base des Yankees, le lanceur Lefty Grove (Philadelphia A’s), le 2ème base Frankie Frisch (St louis Cardinals), le Short Stop Rabit Maranville (Boston Braves), l’OF Al Simmons (Philadelphia A’s), d’autres joueurs moins prestigieux comme Muddy Ruel, (receveur vétéran), Willie Kamn en 3ème base (Cleveland Indians), les outfielders Al Simmons (Philadelphia A’s), Thomas Oliver (Boston Red Sox) et Ralph Shinners , les lanceurs Larry French (Pirates Pittsburgh) et Bruce Cunningham (Boston Braves), George Kelly (1B, Cubs).

Ci-dessous une photo de Lefty O’Doul durant cette tournée 1931.

Lefty O Doul Tournée Japon

Sur cette tournée, l’équipe remporte sans trop de difficulté ses 17 matchs contre différentes équipes japonaises, mais pour Lefty, le plus important est ailleurs : la découverte du Japon est un véritable coup de foudre !

En 1932, devenu un Brooklyn Dodgers, il repart pour une nouvelle tournée au Japon pour organiser cette fois des clinics de baseball, avec l’aide de Moe Berg des Senators et Ted Lyons des White Sox. Les japonais accueillent avec beaucoup d’enthousiasme les conseils des joueurs américains. Bien sûr, on sait désormais que Moe Berg faisait l’espion pour les services secrets américains lors de ces séjours…

Au fur et à mesure que la fin de sa carrière approche, Lefty revient de plus en plus au Japon. En 1934, pour sa dernière saison MLB, O’Doul frappe pour .316 avec un slugging de .525. N’ayant joué finalement que 7 années, O’Doul récolte ainsi une moyenne en carrière assez hallucinante de .349 !!!

En 1934, il participe bien sûr à la fameuse tournée des stars MLB au Japon : si Babe Ruth est la star si attendue qui soulève les foules, O’Doul est reconnu par les japonais comme le 1er ambassadeur du baseball américain.

Revenu en Californie, il devient dés 1935 coach des San Francisco Seals, et empilera les victoires avec sa franchise durant une quinzaine d’années. Il croisera notamment Joe Di Maggio, qui débuta sa carrière au sein des Seals de San Francisco. Il organisera régulièrement des camps de baseball au Japon.

Hélas, l’attaque de Pearl Harbor en 1941 va mettre fin à son rêve et ces échanges. O’Doul se sentira profondément trahi par l’attaque japonaise et sera profondément écoeuré par cette guerre.

Mais finalement l’amour du baseball l’emportera après la guerre. O’Doul se porta candidat en 1947 auprès du général Mac Arthur afin de promouvoir à nouveau l’amitié entre les peuples, reconstruire les liens et les échanges sportifs avec le Japon.

Bien sûr, Lefty O’Doul n’a pas introduit le baseball au Japon, mais par son action, il a favorisé l’échange régulier et l’apprentissage des bases de ce sport durant les années les plus sombres des relations entre les Etats Unis et le Japon.

Le Hall of Fame japonais honora sa mémoire en le nommant membre en 2002, honneur que le Hall Of Fame américain lui a toujours refusé !

Aujourd’hui, certains ne comprennent toujours pas comment il n’a pas été encore élu : Ted Williams le considère comme l’un des meilleurs frappeurs qu’il ait vu dans les années 30.

O’Doul fut également un entrepreneur malin, « the man in the green suit » eu ainsi l’idée en 1958 de créer un restaurant à San Francisco qui porte son nom : chez Lefty O’Douls.

Aujourd’hui encore, ce restaurant existe !

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Si le sujet vous intéresse, un livre en anglais : Lefty O’Doul – "The Legend That Baseball Nearly Forgot" de Richard Leutzinger.

Des images et des témoignages sur Lefty O’Doul et les rapports entre San Francisco et le Japon

Bhonus :

Si le sujet vous a intéressé, vous pouvez lire également  sur le blog :

La tournée de 1934 au Japon

Moe Berg le catcher espion

 

 

1 commentaire à “Lefty O’ Doul : Baseball, Japon et restaurants !”

  1. [...] la suite d’une blessure au football, il est repéré par Lefty O’Doul des San Francisco Seals. Outfielder de grand talent, Lefty lui conseille de tenter [...]