Bobby Valentine : les raisons de l’échec ?

La nouvelle est tombée ce 5 octobre 2012 et n’a étonné personne : Bobby Valentine est viré par l’organisation des Red Sox de Boston, suite au dernier match de la franchise pour la saison 2012, perdu de plus contre les Yankees 10-2. Tout un symbole d’une saison ratée et juste catastrophique. La raison évidente est la suivante, les Red Sox sont derniers de leur poule avec la fiche de 69 victoires pour 93 défaites (même fiche que les Miami Marlins d’ailleurs….autre fiasco gargantuesque ) et surtout les Red Sox n’ont jamais été aussi mauvais depuis les années 90.  On peut même dire qu’ils semblaient à l’agonie en cette fin de saison. Pourtant l’équipe était la même que celle de l’an dernier, qui avait dominé la ligue américaine jusqu’en septembre. Mais que s’est il donc passé ? Honus va tenter d’apporter quelques pistes de réponse.

La raison première est le nombre de blessés sur la saison. Bien entendu, Carl Crawford, John Lackey et Dice K ont passé leur saison à l’infirmerie, et ont été rejoints par quasiment tous les autres joueurs de l’équipe….soit 56 blessures cette saison en tout et pour tout. Record historique. Sans ses joueurs, Boston a joué avec une équipe de second couteaux. Manifestement, l’organisation de minor league a montré de réelles limites et n’a pas su trouver de remplaçants aux stars. Seul Will Middlebrooks semble promis à un avenir de gros joueur de MLB. 

Mais surtout, les Red Sox ont perdu leur âme cette saison. Les joueurs présents ne semblaient pas concernés par les matchs. Le match du centenaire du Fenway perdu sans envie et sans rebellion était pour le moins caractéristique. Perdre ou gagner ne semblait plus important…. signe à mon avis d’un malaise évident. C’est à mon avis la manière de coacher de Bobby Valentine qui est à l’origine du problème. Il convient de se rappeler que la saison dernière l’autorité de Terry Francona avait été discréditée par les "stars" des Red Sox qui étaient en roue libre en fin de saison. L’épisode des bières et des poulets grillés dans les vestiaires a montré que les Lackey, Beckett, Papelbon étaient devenus les patrons et que Francona n’était pour eux qu’un larbin, au mieux un accompagnateur de stars. Et lorsqu’il avait fallu se montrer guerrier sur le terrain à la fin du mois d’aout 2011, il n’y avait plus personne. Le bleu de chauffe était juste devenu impossible à remettre pour les "starlettes" de Boston. Fin de la saison 2011 en forme de traumatisme, et une élimination pour les playoffs juste incompréhensible. L’organisation des Red Sox en a tiré les conséquences et avait dégagé Francona, l’homme qui leur avait ramené les World Series…. 

L’organisation a mal géré l’entre saison et a uniquement dégagé Papelbon, parti depuis retrouver son niveau vers les Phillies. Les cas Beckett et Lackey n’ont pas réglés. On a appellé à la rescousse Bobby Valentine, coach expérimenté (Texas Rengers, New York Mets) et revenu de son expérience gagnante du Japon avec les Chiba Lotte Marines.  Bobby Valentine est un dur et semble le coach idéal pour remettre à leur place les joueurs.

Sauf que Valentine s’est trompé de cibles et a multiplié les incidents. La ligne de coaching a été de critiquer en public ses propres joueurs afin de les piquer au vif et réveiller leur orgueil. Mais le résultat escompté a été surtout de mettre l’équipe contre lui. Valentine a eu la mauvaise idée afin de renforcer son autorité de s’attaquer aux tenanciers de son équipe, notamment Kevin Youkilis, expliquant à la presse qu’il n’était plus le joueur qu’il était…. Ce type d’attaque frontale (que manie trés bien Mourinho au Real Madrid) ne peut aller que si il s’accompagne d’une véritable proximité avec les joueurs le reste du temps. Or Valentine est connu pour être un solitaire…. résultat de ce type de manoeuvre : Youkilis a demandé des comptes appuyé par Pedroia et tout le vestiaire : "Valentine n’a pas le droit de critiquer Youkilis qui se défonce depuis toujours pour son équipe. Ce n’est pas comme ça qu’il faut coacher ici une équipe. Toute l’équipe est derrière Youk. ici on se soutient les uns les autres".(  »That’s not the way we go about our stuff around here. »  »He’ll figure that out. The whole team is behind Youk. We have each other’s backs here, »)

Pique adressée directement à Valentine, et à une méthode perçu (à tort ou à raison ?) comme une méthode de coaching japonaise. Au Japon, l’autorité du coach est sacrée et la moindre parole de critique est perçue comme un dernier avertissement, avant licenciement. Aux Etats unis, pays du libéralisme, l’autorité du coach est loin d’être aussi sacrée. Le vestiaire s’est bel et bien allié CONTRE Valentine. Piqué un peu à l’orgueil,  Valentine a tout fait pour écarter Youkilis, qui sentait la fin arriver et a préféré quitter les Red Sox pour les White Sox de Chicago. La fin de saison de Youkilis a mis en évidence qu’il avait encore quelque chose à donner sur un terrain de MLB.    

Valentine s’est ainsi mis à dos les "véritables" joueurs de son vestiaire, ceux qui pouvaient lui ramener des victoires : Youkilis, Pedroia, Ellsbury dans une moindre mesure. Seul David Ortiz malgré les critiques incessantes aura su retrouver son niveau dans la tourmente de la saison 2012. Additionnés aux blessés et à un bullpen misérable, Boston a coulé.

Les excuses publiques de Valentine et une gestion des incidents qui n’aura jamais su rester "dans le vestiaire", et souvent faite par le biais de la presse, aura depuis considérablement aggravé la position de Valentine. 

Suite au mauvais départ, atteindre le cap des 50% s’est vite avéré un objectif difficile à atteindre. La saison étant considérée comme perdue, les gestionnaires de l’organisation ont tiré la sonnette d’alarme. Il est impossible de garder des stars comme Crawford ou Beckett aux salaires délirants. Les Dodgers ont accepté de les trader à la fin du mois d’aout mais à condition qu’ils soient accompagnés d’un bon joueur : Adrian Gonzalez, qui a un potentiel de MVP, est donc parti pour Los Angeles. Le plus gros trade de l’histoire n’a eu pour Boston qu’un but financier : se débarrasser des gros salaires (250 millions de dollars !).   

Résultat final  : une équipe de seconds couteaux de niveau AAA sans chef sur le terrain, les leaders du vestiaire ne souhaitant plus se battre pour leur coach. On en revient aux fondamentaux, si on ne veut pas gagner ensemble, on y arrive pas.

Bobby Valentine pourra méditer ceci lors de sa retraite bien méritée….

Bhonus :

Revue de Presse :

à lire sur le sujet le Boston Herald , le Boston Globe

 

16 commentaires à “Bobby Valentine : les raisons de l’échec ?”

  1. Beru dit :

    Bah tiens, voila qu’Ibanez (celui qui est rentré en pinch-hitter de A-Rod), après avoir frappé le HR de l’égalisation en 9ème manche, frappe aussi le HR de la victoire en bas de 12 !!!

  2. Beru dit :

    Les Yankees sont des modèles de vertu ! La preuve est qu’ils laissent A-Rod frappeur 3 avec un 1-9 et 5K en playoffs. On laisse pas tomber les nôtres !

    Ouais, ils préfèrent (avec raison dans ce cas) lui mettre un pinch-hitter dans les moments fatidiques…

  3. LaHuppe dit :

    Dexter ne serait-il pas à Miami ? Ça craint pour Ozzie non ?!

  4. Fishiguchi dit :

    Le board des Marlins doit sûrement chercher quelqu’un pour le balancer direct aux crocos…
    Pas d’indemnité de licenciement du coup…

  5. francovanslyke dit :

    O Guillen est un véritable escroc : il n’a pas fait grand chose de bon à Chicago (depuis son départ, les white sox n’ont jamais été aussi bons) et les limites de son coaching ont été évidentes à Miami. Miami avait quand même récupéré Reyes, Zambrano, Buerhle, le closer Bell… pour un résultat lamentable au vu des investissements réalisés. Je suis surpris qu’il ait pas été encore licencié….

  6. Fishiguchi dit :

    Des échecs comme ça (à part les Mariners et les Pirates que j’aimerais bien voir « en haut » ne serait-ce qu’une fois), j’en veux toutes les saisons…

    Quand on voit la « fraicheur » des affiches de Post-Season, ça fait du bien…

  7. Gaétan dit :

    Clairement, il s’agit d’un échec aussi sévère pour les Marlins et les Angels que pour les Red Sox. Surtout pour les Marlins. Ils ont vite été lâché dans la course aux Series. Les Angels ont tenu plus longtemps mais l’armada n’a finalement jamais été au niveau où on l’attendait et qu’eux espéraient.Les Phillies aussi ont été décevants car jamais réellement dans la lutte pour les playoffs.

  8. LaHuppe dit :

    Certes l’échec de Bobby, des Red Sox est retentissant, mais n’y a-t-il pas d’autres exemples cette saison ?
    Les Marlins sont cités, on imagine le sort qui devrait logiquement s’appliquer à Guillen…
    Les Phillies ? Les Rangers, car désormais on peut parler d’échec du côté du Texas, que dire des Angels…

    A d’autres échelles les Mariners, les Pirates et cie qui depuis quelques saisons cherchent sans trouver…

  9. Gaétan dit :

    @Fish : Les Yankees sont des modèles de vertu ! La preuve est qu’ils laissent A-Rod frappeur 3 avec un 1-9 et 5K en playoffs. On laisse pas tomber les nôtres !

    D’ailleurs, Ichiro a repris du poil de la bête et a l’air de se plaire au sein de l’Empire !

  10. Fishiguchi dit :

    Il a bien raison de ne pas revenir ! Il a dû finir la saison 2011 complètement essoré…

    Bobby a foiré, il faut le reconnaître mais il a tenté quelque chose d’intelligent : puisque les joueurs ne savaient plus se rebeller sur le terrain, il a tenté l’électrochoc en se les mettant à dos. Il a cherché une autre motivation.

    Il a râté mais je ne suis vraiment pas sûr qu’un autre aurait réussi…

    Mais pour répondre à ta question, Franco, c’est la proposition 4 évidemment ! :)

  11. francovanslyke dit :

    A ce propos, Francona ne reviendra pas à Boston et devient le nouveau coach des Indians de Cleveland pour 2013.

  12. francovanslyke dit :

    Ca, c’est du bon commentaire!
    A la question, la raison d’une saison pourrie des red Sox :
    1)Les red sox ramassis de joueurs imbéciles
    2)Valentine et son coaching
    3) Les deux ?
    4)Les Yankees et leurs magouilles de super puissance mondiale ?

  13. Fishiguchi dit :

    Très sincèrement, je trouve le cas Youks très symptomatique de l’attitude de divas de l’effectif de Boston…

    Youks n’était clairement pas à son niveau : la preuve, il a retrouvé sa superbe aux Sox.
    Les joueurs ont fait bloc pour s’opposer à Bobby au lieu de poser leurs c*uilles sur le terrain.

    C’est bien beau de sortir les grands concepts du genre « Bobby est un vilain, tout le monde se défonce à Boston »… Ouais, ils se défoncent au poulet frit, ouais !

    Le bilan de la saison fait mal mais là où les Red Sox ont raison, c’est dans le démantèlement de ce panier de crabes.

    Pour 2013, il leur faudra être malin sur le marché des agents libres et reconstruire un effectif composés de joueurs qui sont assez intelligents pour se rendre compte que jouer à Boston, c’est une chance et pas un privilège…

    Ciao les baltringues et bon courage à Bobby. Lui et Francona ont vraiment dû souffrir face à un tel ramassis d’imbéciles…

  14. francovanslyke dit :

    Un vrai closer… et je rajouterai un power hitter. La perte de A Gonzalez est énorme, et aujourd’hui je ne vois pas quelqu’un à Boston assez costaud pour faire rentrer les points. Alors Boston sur la signature de Josh Hamilton, qui me semble devenir free agent et qui aura certainement envie de changer d’air après la fin de saison de Texas ???

  15. Rem dit :

    Au début, j’avais perçu comme bien d’autre, que le choix de Bobby Valentine était Le meilleur choix. Qu’il allait même pouvoir remettre sur les rails Dice-K. Au final rien n’a fonctionné. Dice-K est tombé dans de nouvelles abysses tout comme ses coéquipiers pitchers. Le seul « succès » de la saison fut la révélation du pitcher Junichi Tazawa en Set-up man (initialement starter). Andrew Miller a aussi connu sa 1ère bonne saison malgré une fin peu glorieuse. Et Pedro Ciriaco a été révélé aux yeux du monde. En plus du manager, il faut trouver un vrai Closer.

  16. Loris dit :

    Ah ça alors!

    Bel article!

    Je n’aurai jamais prédit un déclin si fort de Boston et surtout de Miami avec leur équipe en or plaqué sertie de diamants niveau budget!

    Comme je n’aurai pas parié une once sur les O’s et Whasington !

    Ah quel beau sport!

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