Hall of Fame 2009 : Le lièvre et la tortue

Les nouveaux membres du Hall of Fame ont été élus. Rickey Henderson a ainsi été élu dès sa première année d’admissibilité au scrutin tandis que la candidature de Jim Rice a été retenue à sa 15ème et dernière tentative. Pour être nommé, il faut que le candidat obtienne 75 % des votes des membres de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique (BBWAA), groupement de journalistes sportifs et autres personnalités du baseball. Deux parcours fort différents pour leurs candidatures. Retour sur deux phénomènes….

Pour Rickey Henderson, le meneur de tous les temps pour les points marqués et les bases volées, son nom a été inscrit sur 94,8 pour cent des bulletins de vote.  Henderson, dont le nom apparaissait sur 511 des 539 bulletins de vote, est ainsi devenu le 44e joueur à être admis dès sa première année d’éligibilité, et ce, sans grande surprise. MVP de la ligue Américaine en 1990, Henderson a pris part à 10 All Star Game.

En plus d’avoir été le plus grand voleur de toute l’histoire du baseball, avec 1406 bases au cours de sa carrière, (soit 468 de plus que Lou Brock, deuxième de tous les temps avec 938), Rickey Henderson a été certainement l’un des meilleurs leadoffs de l’histoire du baseball. Une moyenne en carrière de .297, avec 297 HR, 1115 points produits, 2190 buts sur balles et 2295 points marqués. Il détient le record du plus grand nombre de bases volées en une saison avec 130 bases volées, réussi en 1982, et le plus grand nombre de circuits en carrière pour le premier frappeur d’un match, 81.

Il a disputé 25 saisons avec les Athletics d’Oakland, les Yankees de New York, les Blue Jays de Toronto – avec lesquels il a remporté la Série mondiale en 1993 – les Padres de San Diego, les Angels d’Anaheim, les Mets de New York, les Mariners de Seattle, les Red Sox de Boston et les Dodgers de Los Angeles. Bref le globe trotter du baseball et celui qui restera à coup sûr comme le roi du vol de base !

une video du phénomène !

 

L’autre nom élu au Hall Of Fame a eu un parcours plus atypique et c’est lors de sa 15e et dernière année d’éligibilité que Jim Rice a rejoint finalement in extremis le Hall of fame.

Le nom de Jim Rice, l’un des frappeurs les plus craints du baseball à la fin des années 1970 et au début des années 1980, s’est retrouvé sur 76,4 pour cent des bulletins. Il avait raté de peu son entrée l’année dernière, alors qu’il avait été retenu par 72,2 des électeurs. "Tout ce que je peux dire, c’est que je suis soulagé que ce soit réglé, a déclaré Rice. J’y suis et ils ne peuvent me l’enlever. Je ne sais pas pourquoi ça a pris autant de temps. Je ne veux même pas y penser, a ajouté l’ancienne gloire des Red Sox de Boston. J’imagine qu’il fallait attendre que ça tombe au bon moment, parce que mes statistiques n’ont pas changé au cours des 14 dernières années."

C’est peut être justement ces statistiques qui ne lui ont pas permis d’être élu plus tôt.

Jim Rice tel un André Dawson a été ce qu’on appelle un « slugger » mais un slugger des années 70 et du début des années 80. Or l’appréciation de la puissance au bâton a bien changé depuis les années 1990, qu’on qualifie aujourd’hui de « Stéroïds Era », qui ont vu tous les records de HR explosés par des joueurs comme Mark Mc Gwire, Sammy Sosa, Jose Canseco, ou Barry Bonds… souvent hélas des joueurs qui étaient chargés ce qui fait scandale aujourd’hui auprès du monde sportif.

Mais mine de rien, au-delà du scandale, les sluggers d’aujourd’hui semblent bien plus puissants que ceux des années 70. Aujourd’hui un joueur qui frappe 30 HR par saison n’est plus le meilleur dans sa catégorie, loin de là, et l’appréciation que l’on porte sur les performances offensives a également évolué.

Il suffit de voir le nombre de RBI et de HR concernant les deux derniers candidats au titre de MVP, Albert Pujols et Ryan Howard, pour voir que le jeu n’est plus le même. Toute une génération de joueurs actuels ont dépassé les records de Jim Rice au nombre de HR frappés en carrière, tel que le joueur de Boston est aujourd’hui avec 382 HR en carrière seulement le 57e joueur dans le classement !!!

Finalement, un peu comme Goose Gossage, les journalistes ont certainement oublié l’impact du joueur, l’un des cogneurs les plus craints de l’époque.

Jim Rice s’inscrivait dans une lignée de joueurs comme Reggie Jackson.  MVP hallucinant en 1978 avec une moyenne de  .315, premier en HR (46), RBI (139), hits (213), et en triples (15) ainsi qu’en slugging (.600), Jim Rice est l’un des rares joueurs à avoir été un cogneur puissant qui conservait également une très bonne moyenne. Jim Rice est ainsi le seul joueur de l’histoire à avoir plus de 200 hits et 39 HR 3 saisons de suite.

Aujourd’hui pour de nombreux fans des Red Sox, c’est une injustice de levée…

Pour finir, une couv magnifique du magazine Sports Illustrated de 1979 qui posait la question : Qui est le meilleur, Jim Rice ou Dave Parker ?

 

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